"La seule initiation que je prêche et que je cherche de toute l'ardeur de mon âme est celle par laquelle nous pouvons entrer dans le coeur de Dieu et faire entrer le c�ur de Dieu en nous, pour y faire un mariage indissociable qui nous rend l'ami, le frère et l'époux de notre divin Réparateur. Il n'y a pas d'autre mystère pour arriver à cette initiation que de nous enfoncer de plus en plus jusque dans les profondeurs de notre être, et de ne pas lâcher prise que nous ne soyons parvenus à en sortir la vivante et vivifiante racine." L.C. de Saint-Martin.
� A quoi nous sert de posséder une religion divine,
puisque nous avons déchiré la robe sans couture,
et que les adorateurs du Christ, divisés par l�interprétation de son Livre Saint,
sont portés à des excès qui feraient rougir l�Asie ? ...
Ne serait-il pas digne de nous proposer
l�avancement du christianisme comme un des buts de notre Ordre ? �
(J. de Maistre, Mémoire au duc de Brunswick)
Attachons-nous enfin à l�Evangile et laissons-là les folies de Memphis. Remontons aux premiers siècles de la Loi sainte, fouillons l�antiquité ecclésiastique, interrogeons les Pères l�un après l�autre. Réunissons, confrontons les passages, prouvons que nous sommes chrétiens. Allons même plus loin : la vraie religion a bien plus de dix-huit siècles. Elle naquit le jour que naquirent les jours. Remontons à l�origine des choses, et montrons par une filiation incontestable que notre système réunit au dép�t primitif les nouveaux dons du Grand Réparateur. �
(J. de Maistre, Mémoire au duc de Brunswick)
La Maçonnerie est un secret qui subsiste depuis que le monde est créé. Ce secret a été remis de génération en génération jusqu'à nous, et le sera de même jusqu'à la fin des siècles. Ce secret est non seulement impénétrable aux profanes, il le sera même aux maçons tièdes, paresseux et légers ; être maçon, c'est donc chercher sincèrement à mériter d'être initié dans nos mystères.
Jean Baptiste Willermoz
" Pour vous, hommes de paix,
hommes de désir, ne vous découragez point.
Il existe encore parmi les ministres de notre Dieu, des hommes qui suivent eux-mêmes les traces des vrais prophètes,
la sainte charité de notre ma�tre et les lumières de ses disciples. Attachez-vous à ces hommes choisis et assez heureux pour avoir fidèlement répondu à leur élection ;
ils vous amèneront par les humbles sentiers de l'Ecce Homo au terme de votre régénération, qui est celui de votre destination primitive. "
(LOUIS CLAUDE DE SAINT MARTIN : Ecce Homo, 9.)
" les merveilles de la Jérusalem céleste peuvent se retrouver encore aujourd'hui dans le c�ur du nouvel homme, puisqu'elles y ont existé dès l'origine. " (LOUIS CLAUDE DE SAINT MARTIN : Ibid., 71.)
"Depuis que j�existe et que je pense, je n�ai qu�une seule idée, et tout mon v�u est de la conserver jusqu�au tombeau ; ce qui fait que ma dernière heure est le plus ardent de mes désirs
et la plus douce de mes espérance."
( LOUIS CLAUDE DE SAINT MARTIN : Portrait, 1050)
"L'amour de son néant"
François MALAVAL (1627-1719)
Mon centre est le néant, c'est un vrai lieu de paix.
L'imposture et l'erreur ne s'y trouvent jamais.
Lorsque je ne veux rien, l'ennemi se retire,
Il ne sait où me prendre, il ne sait que me dire.
Quand il veut raisonner, je ne l'écoute pas,
Quand il flatte mes sens, je sais me tenir bas.
Que ce néant est beau ! qu'il est doux et tranquille.
Ce néant me fait voir que je suis inutile,
Que je n'ai rien de bon, et que je ne puis rien ;
Que je n'ai de mon fonds ni force ni soutien ;
Que tout mon être humain n'est qu'un flux d'inconstance.
Ainsi Dieu parait mieux mon unique assistance.
C'est beaucoup de faveur qu'il me lance un regard.
S'il ne me donne rien, le néant est ma part ;
Souvent de l'oraison toute l'heure est passée,
Que je ne sens en moi ni désir ni pensée ;
S'il m'en vient, c'est un trait de sa bénignité,
Ainsi je vois sa grâce, et mon indignité.
Lorsque je suis, stérile, une retraite entière,
Mon néant me tient lieu d'attrait et de lumière,
Et je me réjouis par un élan de foi
Qu'en Dieu tout bien se trouve, et le néant en moi.
Laissez-moi mon néant, jouissez de votre être,
Seigneur, tout mon repos est de me bien conna�tre.
Vous n'êtes que grandeur, que gloire et que bonté,
Et moi rien par nature, et rien de volonté.
� vous seul tout hommage, à vous seul toute gloire,
Et moi de mon néant je chéris la mémoire.
Dieu, vivez dans vous-même, et moi dans mon néant
Que je sois toujours bas, et mon Dieu toujours grand. [...]